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Et pourquoi pas un trek en Islande ? récit de voyage
Landmannalaugar camp 3

Un trek au nord de l’Europe sur une île qui frôle le cercle polaire, au pays de la chanteuse Bjork et où les paysages les plus spectaculaires côtoient une terre de feu et de glace. À cet endroit, on peut autant effectuer une randonnée de quelques heures ou un trek de plusieurs journées. Un périple sur des glaciers et sur des champs de lave volcanique, rien n’a de pareil au monde. L’écosystème de l’Islande séduira les voyageurs. Nous avons passé trois semaines inoubliables dans ce pays en juillet 2008. Durant notre voyage nous avons effectué de nombreuses randonnées de courtes et de longues durées. Nous vous présentons un parcours qui, à notre avis, est un « must » pour les trekkeurs qui visitent ce pays.

Le Landmannalaugar

 Pour vivre ce trek de quatre jours 55km (de Landmannalaugar à Porsmörk ) il faut prévoir deux demi-journées de transport soit une demi-journée pour se rendre au camp de base du trek et l’autre demi-journée pour revenir à la capitale Reykjavik. Donc un six jours qui permet de vivre une expérience dans l’arrière-pays où les paysages seront différents et surtout surprenants à chacune des journées. Les montagnes multicolores, les champs de neige à perte de vue, les glaciers et les champs de lave agrémenteront votre expédition dans ce panorama unique. Vous y verrez aussi du sable noir, des collines recouvertes de mousse verte. Certains randonneurs relèvent ce défi en effectuant ce parcours en trois jours excluant le transport. Nous ne le recommandons pas, car en si peu de temps vous ne pourrez admirer les paysages à leur juste valeur. D'ailleurs, toutes les personnes que nous avons rencontrées à la fin du trek étaient déçues de leur expérience trop rapide.

Pour effectuer ce trek il faut être en très bonne forme physique et être prêt à faire face à des conditions météorologiques changeantes. Il nous est arrivé de connaître durant la même journée la neige, la pluie, le vent et le soleil. Une bonne connaissance en orientation et l’utilisation d’une carte, boussole et GPS sont essentiels, car certaines balises pourraient ne pas être apparentes à cause de la neige ou d'une mauvaise visibilité. À notre passage, le circuit était bien repérable. 

 

Landmannalaugar
Jour 1: le départ

Reykjavik à « Landmannalaugar Hut and campsite »

Pour se rendre au début du trek, nous avons pris un autocar conçu pour effectuer ce trajet. Après 4 heures et demie de route dont une bonne partie en terre volcanique où de nombreuses rivières doivent être traversées (voiture et petit jeep s’abstenir), nous arrivons au camp de base du Landmannalaugar. Chaque randonneur doit s’inscrire et payer son droit de camping ($9.00 par jour par personne). L’installation de la tente se fait avec beaucoup d’attention. L’ancrage de celle-ci devient très important, car le vent souffle fort et nous ne sommes qu’au début de l’après-midi, ce qui annonçait la suite pour le reste de la journée. Le camp monté, nous partons en reconnaissance du terrain. Dès notre première montée, nous admirons les montagnes de couleur orange et dorée, du jamais vu. Nous quittons le sentier et traversons quelques rivières pour apercevoir des fumeroles, ces petites cheminées sont impressionnantes. De retour au camp, nous profitons d’un hot spring naturel pour nous détendre. Par la suite, nous ajustons les boussoles et GPS pour être prêts le lendemain. Après un souper à l’abri du vent, la grêle et la neige nous surprennent et nous devons donc nous réfugier dans la tente. Nous réalisons dès notre première nuit que celle-ci sera mise à dure épreuve au cours des prochaines journées.

camp de base Landmannalaugar
camp de base

Jour 2: début du trek

Cette journée donne le ton à notre aventure. Nos 15 premiers kilomètres se passent dans un paysage hors du commun. Les montagnes orangées, les pentes de neige, les glaciers et les champs de neige sont au rendez-vous. Les phénomènes volcaniques nous surprennent. Il s’échappe de la terre des vapeurs brûlantes pendant que nous apercevons des lacs turquoises. Au premier kilomètre nous portons attention aux balises afin d’éviter d’emprunter le sentier dans la mauvaise direction. La température étant changeante, il faut donc prévoir des vêtements en conséquence. Des gants à l’épreuve du vent et une tuque nous ont été utiles. Cette première partie du trek est un beau défi avec son ascension de 500 mètres qui se déroule en montant des petits valons régulièrement, mais aussi en les descendant. Enfin, nous franchissons un champ de neige interminable (d'ailleurs, une personne y avait laissé sa vie deux années auparavant) pour arriver au camp 2 le Hrafntinnusker où nous installons notre tente dans un cercle de pierres à l’abri du vent. Le vent est tellement puissant que nous devons cuisiner et manger à l’intérieur de la tente. En partageant notre repas, nous nous disons heureux de cette merveilleuse journée remplie de découvertes. 

début du trek
champ de neige

Jour 3: la menace d’une tempête

Nous entamons notre journée en poursuivant notre route sur un champ de neige dans ce paysage magique. Au cours de ce 12 kilomètres, nous redescendons le gain en altitude effectué la veille. Nous croisons des glaciers et observons leurs grottes qui sont des phénomènes particuliers causés par le temps. Un autre spectacle s'offre à nous, des ruisseaux d’eau chaude fument entre la neige, ce qui rend l’atmosphère mythique. La verdure annonce l’arrivée à notre camp 3 le Alftavatn. Notre parcours s’est effectué rapidement dû à l’hypothèse d’une tempête. La pluie, le vent et la neige s’étaient manifestés, mais rien d’inquiétant. La gardienne du camp nous annonce que la menace de tempête est toujours en vigueur et elle nous dit de bien ancrer notre abri, car les vents s’annoncent puissants. Dès l’installation de notre tente, le vent la mal mène pendant près de cinq heures et elle risque de se briser à tout moment. Devant cette incertitude, nous démontons le camp dans un vent imposant qui balaie tout sur son passage, pour passer la nuit dans un petit refuge tout près avec 32 autres personnes. La vraie tempête commence vers 19:00h. Sortir à l’extérieur du refuge devient une aventure, le vent est tellement puissant qu’il nous empêche d’avancer ou nous projette vers l’avant. Ceux qui sont restés en tente subissent durant la soirée des avaries importantes allant jusqu’au bris de leur équipement et l’évacuation d’urgence. Cette deuxième journée restera un souvenir impérissable d’un vent qui nous en a fait voir de toutes les couleurs.

camp 2
jour 3

Jours 4: quand les glaciers côtoient les volcans

Le calme est revenu, aujourd’hui un 15 kilomètres à parcourir en traversant à gué trois rivières dont le débit d’eau s’annonce important. Nous apercevons au loin la première. Déjà plusieurs marcheurs cherchent le passage idéal. Nous les observons pendant que nous chaussons nos sandales. À notre tour d’effectuer cette traverse dans cette eau glacée d’une profondeur de plus d’un demi-mètre et d’une largeur de dix mètres. Le torrent est très fort ce qui nous force à utiliser une technique de traverse à deux. Deux autres rivières sont à franchir dans des eaux aussi froides. Nous les avons traversées dans les parties les plus larges pour éviter le danger des torrents. Chaque traverse se fait le sourire aux lèvres en espérant ne pas prendre un bain forcé. Le paysage après 4 kilomètres s’avère différent, la neige a laissé sa place à un terrain de sable noir de volcan. Ce que nous voyons devient particulier, d’un côté les volcans et de l’autre, les glaciers tout cela pendant que nous avançons sur un immense désert de poussière noire charbon. Après plusieurs heures de marche, nous apercevons au loin un gigantesque glacier ce qui annonce notre arrivée au camp Emstrur.

jour 4
terre volcanique

Jour 5: Pluie et arc-en-ciel au rendez-vous

 Dès notre réveil, la pluie nous invite à lever le camp rapidement et à entreprendre nos derniers 16 kilomètres à travers un paysage inimaginable. La pluie laisse sa place à de merveilleux arcs-en-ciel. La matinée se déroule ainsi, pluie pendant 100 mètres suivie d’un arc-en-ciel, 100 mètres d’accalmie et le scénario recommence encore et encore, de toute beauté. Pendant ce temps, nous marchons près des fissures laissées par les plaques tectoniques et nous suivons de nombreux canyons. Nous apercevons aussi de nouveaux volcans qui nous présentent leur cratère. La marche est à fois splendide et mystérieuse par la solitude qui règne dans cette vallée. Nous apercevons la prairie et ses nombreux champs de plantes rouges qui embellissent encore une fois ce trek. En fin d’après-midi, un glacier se pointe devant ce qui annonce la fin du trek. Une dernière rivière d’eau de près de 100 mètres est à passer. Le courant est fort, mais notre technique de traverse a gain sur elle. Rendu à notre dernier campement à Porsmörk, le soleil brille. Il est temps de se baigner dans un « hot spring » et de célébrer la réalisation de ce défi.

plaque tectonique
jour 5

Jour 6: Le retour à Reykjavik

 
Nous quittons à 8 h 30 par bus pour la capitale ; le trajet dure 4 heures dont 2 dans cette vallée glacière. À son tour, le bus doit faire face à des traverses de rivières impressionnantes. Celui- ci est escorté par un camion remorque en cas de fausse manœuvre. Les dernières images de la vallée du Landmannalaugar sont aussi saisissantes que nos premières, encore des glaciers, des volcans, des montagnes qui fument pendant que nous voyons disparaître ce paysage splendide, nous réalisons l’expérience que nous venons de vivre avec succès. La suite du voyage sera aussi étonnante.

le retour




Points de repère

Quand y aller: le meilleur temps de l’année pour y faire un trek est de fin juin à septembre.

Comment y aller: un vol international jusqu’à Reykjavik. De la capitale, vous prenez le bus au terminus BSI en direction du Landmannalaugar. Vous pouvez réserver votre billet par internet au www.bsi.is. Au terminus, vous pourrez laisser en consigne ce qui ne sera pas nécessaire pour le trek.

Livres de référence: « The Laugavegur Hiking Trail » par Leifur Porsteinsson et Guojon Ô. Manusson chez F.I. Iceland Touring Association, 2001, disponible à Reykjavik.

« Iceland » édité chez Lonely Planet, 2007.
 Islande, Le guide du routard, édité chez Hachette, 2007.

Carte pour le trek: Porsmörk Landmannalaugar, Sérkort 1 :100 000 par Ferdakort, www.ferdakort.is  disponible à Reykjavik.

Autres considérations: si vous disposez de plus de temps, vous pouvez poursuivre pendant deux autres journées le trek de Porsmörk à Skogar. Selon les informations obtenues, le paysage est aussi étonnant surtout à l’arrivée à Skogar.

Pour effectuer un trek en Islande, vous devrez être autonome au niveau de la nourriture. À notre passage, il n’y avait pas de point de ravitaillement. Nous vous suggérons d’apporter en Islande les denrées essentielles pour votre trek (barres énergétiques, nourriture déshydratée, etc.), car sur place les choix sont très limités et très dispendieux. Il sera toujours possible d’ajouter des produits locaux tels que fromage et saucissons.

 

Bonne expédition!




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copyright Benoit Marsan 2010
  



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